Laisse béton ....
Quand j'étais enfant, je venais déjà sur cette plage, longue ligne blonde qui court de Bayonne à la Pointe du Médoc, parfois coupée par quelques estacades ou quelques rares aménagements humains. Ce littoral de sable, mouvant et soumis aux marées, fût toujours un lieu préservé : les bétonneurs n'y ont pas sévi. Une chance ... !
Enfin, presque ....
L'Histoire ici aussi a laissé ses traces, qui peu à peu s'effacent.
Lentement, inexorablement, ils descendent vers la mer.
Du flanc de la dune sur laquelle ils étaient encore accrochés, leur inclinaison servait de toboggan à la gamine que j'étais. Aujourd'hui, ils font le bonheur d'autres gamins : comme plongeoirs !!
Leur lourd passé s'est dilué dans les jeux des enfants et dans une expression de vie colorée et fertile : les "tags".
Et toujours l'improbable juxtaposition, l'opposition entre cette vivante flamboyance et leur raison première d'avoir été là ...
Le temps fait son œuvre, l'iode et la rouille s'y mêlent de concert, pour créer à leur tour une infinité de tableaux : peintures qui s'écaillent, métaux qui s'érodent, coulures que la mer a léchées. De loin comme de près, les blockhaus sont tout simplement ... devenus beaux !