Urbaines -2-
Je vis près d'un de ces lieux factices appelés "villes nouvelles". Plus si nouvelles que ça, d'ailleurs ...
Créées de toutes pièces par des urbanistes là où, il y a moins d'un demi siècle, il n'y avait que des champs, elles offrent fonctionnalité et espace : tout est à portée de la main, du large centre commercial abritant également cinémas et restaurants, aux sièges administratifs départementaux.
Dans un dédale de rues souvent à sens unique, des habitations. Petits immeubles coquets, lotissements pavillonnaires uniformes, pelouses standardisées, plans d'eau bétonnés et reflets étudiés, écoles et parcs de jeux.
On pourrait travailler et vivre ici sans jamais avoir besoin d'en sortir. Enfermement consenti ...
Les voies sont larges, bordées de végétations, et les parkings gratuits -si, si : gratuits !- permettent à ceux que le train rebute d'y circuler et de s'y cantonner sans souci.
Le rêve ?
Presque ....
Depuis déjà un certain temps, j'envisageais de venir errer en périphérie de ce lieu, attirée par un décor plus authentique -à mon sens-. Des lignes de chemin de fer, dont certaines mènent visiblement vers un centre de triage, des cathénaires, des tags, des châteaux d'eau, et même ce pont qui pourrait paraître clinquant tant sa majesté n'a d'égale que sa petitesse, mais moi, je l'aime bien ....
Seulement voilà ....
S'il est relativement simple de se garer près des centres d'activité, il est absolument impossible de le faire dès qu'on s'éloigne des lieux sanctifiés. Ce ne sont là que larges voies de transit, et il est clair que, de certains endroits, le piéton est purement et simplement banni.
Inexistence de l'humain face à sa machine.
J'accède enfin à une piste cyclable surélevée et un trajet piétionnier désert, mais bien balisé, qui file en longeant la route. Je pars donc à la recherche d'une entrée vers mon lieu de convoitise.
Un passage souterrain à la puanteur non équivoque me laisse malgré tout quelque espoir ...
Surprise ! Je déboule sur l'autoroute de l'autre côté ....
Désolée, je n'ai pas trouvé l'entrée.