Les chemins de traverse
Un beau soleil d'automne (oui, je sais, on est le 1er février : et alors ?), une douceur de teintes, une limpidité de l'air, et une lumière oblique ... J'ai pris la voiture et mon appareil !!
De ma première destination, excentrée de la ville, je suis revenue dare-dare. Cela faisait longtemps pourtant que j'avais projeté de m'y rendre, à cette gare désaffectée qui n'a pas vu un coup de peinture depuis ... oui, c'est ça ... Au moins ! Par contre, les messieurs qui y rôdaient et que très visiblement je dérangeais dans je ne sais quelles transactions m'ont regardée bizarre avec mon appareil photo. Il y a des fois où il faut savoir battre en retraite ...
Une envie de rails me taraudait, et je savais où aller par défaut.
Il suffisait, pour cela, de quitter la route un peu plus loin ...
C'est donc là-haut que j'irai.
Cette ligne ne sert plus depuis 2008, et n'était à l'époque destinée qu'à de rares transports de marchandises. Elle appartient à la tangentielle ouest de la "Grande Ceinture".
Un projet de tram, un jour, éventuellement, va peut-être redonner vie à ses lieux. Dans ce secteur saturé par la circulation automobile faute de transports transversaux, il y aurait pourtant nécessité ... Cette ligne relierait Versailles à St Germain en Laye, et donc tous les trains et RER attenants.
Je marche sur le ballast qui roule et crisse sous les pieds, jusqu'à rejoindre, à l'ancien passage à niveau, la route parallèle que j'ai laissée en contre-bas.
Si près de la ville, la nature ici peu à peu reprend ses droits.
Le fer, le bois, la pierre, la végétation s'emmêlent. On oublie la longue ligne des rails, droite et monotone, on ne scrute que les multiples détails, les juxtapositions que l'homme a celées, ou les recréations incongrues du hasard. Et je les trouve belles ...
La pluie de ces derniers jours fait éclater des couleurs de sous-bois.
Les ronces sont volubiles et les mousses rivalisent en coquetteries, composant de fabuleux et minuscules jardins ...
A force d'avoir les yeux rivés au sol, j'aurais presque oublié de les voir ! Ces pauvres pantins ridicules, ces feux, ces panneaux, ces signaux qui ne parlent plus à personne, mais que la rouille embellit parfois ...
Nous voici arrivés au but de notre promenade.
Un panneau bien clinquant prévient les automobilistes (humour ?!). Il y a là une maison de garde-barrière, apparemment habitée.
Au-delà, la "ligne" continue ...
Mais n'allez pas croire que vous venez de traverser en ma compagnie une zone de non droit infréquentable et mal famée ... Que nenni !
Venez que je vous montre ce qu'il y a à l'arrivée, juste derrière ce poteau-là (par exemple) ...
D'abord, il y a une petite route. Puis d'étroits jardins adossés à des grilles. Et derrière les grilles :
On fait dire ce que l'on veut aux photos.
La lumière de ce jour d'hiver me plaisait, j'ai fait le choix de la couleur. Aux puristes qui se récrient, j'offre cet unique noir et blanc ....